Menu

Les Achuar

Wachirpas est une communauté de l’ethnie Achuar en Equateur. Le peuple Achuar vit au plus profond de la forêt amazonienne toujours préservée, et éloigné des différentes exploitations faites par l’industrie moderne.

Un territoire préservé, une identité préservée

La communauté de Wachirpas se situe sur la rive du fleuve Pastaza, au sud de l’amazonie équatorienne. C’est toujours la forêt vierge qui entoure cette communauté et une large zone aux alentours, le territoire Achuar.
Le territoire des Achuar se situe dans l’amazonie entre l’Equateur et le Perou. La partie équatorienne est surement la région de l’Amazonie la plus préservée au niveau biologique et culturelle. Il n’existe aucune route dans ce secteur, et la difficulté de navigation sur les fleuves explique le grand isolement géographique jusqu’à aujourd’hui. Sur les fleuves du territoire Achuar en Equateur les seules embarcations possibles sont à faible tirant d’eau (type pirogue), du fait des brusques variations du niveau des fleuves, et de l’irrégularité de leurs lits. En revanche, lorsqu’on descend ces fleuves, on arrive au Pérou. Les fleuves s’unissent et deviennent plus large et profond, et donc plus facilement navigables avec des embarcations plus grandes.
De plus le peuple Achuar s’est toujours caractérisé par une forte revendication identitaire. C’est un peuple traditionnellement guerrier, et qui s’est toujours défendu face à l’invasion de leur territoire, et préserve un mode de vie traditionnel. Les Achuar sont désormais un peuple pacifique, dont les parents tentent de donner une éducation de qualité à leurs enfants. Ils ont bien compris les enjeux du monde moderne, et notamment les divers intérêts qui entourent leur territoire, la forêt primaire, et son exploitation faite par l’industrie. Conscient de cette richesse naturelle qui les entoure, ils optent pour un développement respectueux de leurs traditions et de leur environnement naturel.
L’unique accès depuis la ville aux communautés Achuar se fait par des petits avions type CESNA (de 3, 5 ou 9 personnes). Chaque communauté possède sa propre piste d’avion en terre. Les déplacements entre les communautés se font via les fleuves en pirogue, ou à pied.

Développement conscient, une identité renforcée

Ce mode d’accès très restreint a permis aux Achuar de ne pas s’engouffrer dans le développement aveugle et l’exploitation de son territoire.
L’isolement géographique a permis ce déphasage de l’influence du monde moderne (et donc de l’arrivée tardive du développement moderne). Les premiers visiteurs reçus de manière pacifique sur le territoire Achuar datent environ des années 1950. C’est donc tout récemment que les Achuar ont des contacts réguliers et pacifiques avec des étrangers (non-Achuar). De plus dans les années 1990, des investisseurs créèrent un complexe touristique au milieu de la forêt vierge, en plein territoire Achuar. Cette entreprise fut orientée vers un tourisme écologique et soucieux de la préservation de la forêt. Toujours en fonctionnement aujourd’hui, cette entreprise écologique employa, et emploie, de nombreux Achuar. Ainsi de nombreux Achuar ont travaillé au contact des touristes, valorisant la culture indigène et admirant la nature. Ceci a certainement joué un rôle important dans la prise de conscience des Achuar par rapport à l’importance de la préservation de leur culture et de leur environnement naturel.
Depuis quelques années les voix militantes dénonçant les dégâts environnementaux et ses influences négatives sur les populations humaines sont de plus en plus importantes et médiatiques. La plupart des gens voyagent désormais avec la conscience de leur empreinte écologique. Les Achuar sont donc influencés par cette prise de conscience globale, qui les invite à ne pas reproduire les erreurs du passé sur leur territoire, et à préserver leurs traditions et territoire.
On peut donc dire que c’est à leur insu que les Achuar ont préservé une culture et des traditions ancestrales, qui sont aujourd’hui largement disparus, ou en voie de disparition, dans la majorité des peuples premiers sur terre.
Le retard de développement des Achuar, s’est donc révélé être un atout majeur aujourd’hui. Maintenant les Achuar peuvent envisager sereinement le développement de leurs communautés dans une forme respectueuse de leur mode de vie et respectueuse de la nature qui les nourrit (physiquement et spirituellement). Ce désir de préservation du traditionnel s’accompagne du désir de fournir une éducation moderne de qualité pour leurs enfants afin de comprendre au mieux le monde moderne et dans le futur d’être souverain dans leurs projets.

Une culture vivante

Les Achuar ont leur propre langue, l’Achuar. L’Espagnol est enseigné au collège, mais c’est surtout dans la vie adulte que les Achuar se familiarisent et approfondissent leur maitrise de l’espagnol.
L’éducation moderne dans les communautés est difficile à mettre en place. D’une part l’isolement géographique fait que la plupart des enfants ne connaissent que leur communauté, et ses habitants. Difficile pour un enfant de la jungle de s’imaginer la ville, la quantité et diversités de gens. Les quelques éléments du monde moderne sont connus par la visite d’étrangers (non-Achuar), principalement des médecins, et parfois des touristes, volontaires. Et bien sur l’avion est l’objet par excellence que les enfants admirent. Pour l’anecdote, ici les enfants ne jouent pas avec des jouets de voitures, ou de camions, ou tracteurs, mais avec des avions (fabriqué en bois, ou autre élément naturel), ou partie d’avion (ailes, hélice …).
D’autre part, l’inexistence de moyen de communication dans la plupart des communautés rend impossible pour les habitants (et surtout les jeunes étudiants) l’auto éducation.
La culture Achuar est toujours bien vivante. La langue Achuar est la seule utilisée dans les communautés (sauf lors de la présence d’un non-Achuar de visite). Etant une culture orale, l’écrit ne fut introduit qu’avec l’introduction de l’espagnol dans l’éducation. Il n’existe pas de livre en Achuar, mais ça ne saurait tarder. La culture Achuar se caractérise par une innombrable quantité de pratiques manuelles servant à couvrir toutes les nécessités de la vie. Certaines de ces pratiques manuelles sont objets de commerce artisanal pour les touristes. Mais bien au-delà du folklore apparent de ce commerce, tout cet artisanat est d’une utilité banale et quotidienne dans chaque famille.
Les familles vivent regroupées, c’est-à-dire que 3 ou 4 générations partagent la maison. De plus c’est une tradition ancienne que la polygamie. Bien que cela se perde, c’est toujours commun de voir une famille avec 1 homme pour 2 ou 3 femmes. Les maisons sont entièrement fabriquées de manière autonome, en utilisant uniquement les matériaux que leur offre la jungle.
De nos jours, les Achuar s’habillent avec des vêtements de la ville. C’est bien l’aspect le plus visible de l’influence de la société moderne dans ces communautés. D’autres objets sont courants dans les foyers tels que les moustiquaires, les lampes électriques, les panneaux solaires (photovoltaïques), les fusils de chasse, et parfois des ordinateurs portables.
L’influence moderne se note aussi du fait qu’il existe aujourd’hui des jeunes mères célibataires. Choses difficilement pensable il y a quelques années en arrière car c’est une société fortement dirigé par les hommes.
La vie quotidienne des familles se centre autour de la collecte alimentaire. Les femmes ont pour tâche l’entretient du jardin où poussent majoritairement le manioc et des bananes en tout genre, mais aussi patate douce, piment, papaye et autre aliments tropicaux. Les hommes vont à la pêche et à la chasse. Mais ces taches ne sont plus exclusives comme autrefois.

  oO)-.
 /__  _\
 \  (  |
  \__|\ {
  '  '--'
www.000webhost.com